TRASH

20 Février 2017, 14:36

Un film de : Alexandre Gilmet Produit par : L'Atelier de Réalisation de l'INSAS Genre : Drame Durée : 18'36 Année de production : 2015

ACTEURS

Renaud Rutten Laurent Van Wetter Alain Bellot Georges Siatidis Simon Espalieu

SYNOPSIS

FRANÇAIS Georges, un éboueur très en colère, fonce vers la porte d'entrée d'une immense villa. "L'enculé de bourgeois" y habitant vient de blesser son collègue avec des poubelles remplies de déchets tranchants. Or, la porte s'ouvre et l'enculé en question est un handicapé en chaise roulante... ANGLAIS Georges, a very angry garbage man, rushes toward the front door of a huge house. He wants to kick the ass of the "rich asshole" who has left razor-sharp objects in his trash bags. However, when the door opens, Georges realizes that the rich asshole happens to be a handicapped man in a wheelchair...

PRODUCTION ET DISTRIBUTION

Production déléguée : L'Atelier de Réalisation de l'INSAS Exportation/Ventes internationales : Gonella Productions

MENTIONS TECHNIQUES

Court-métrage Genre : Fiction Langue de tournage : Français Nationalité : 100% belge (Belgique) Année de production : 2015 Type de couleur : Couleur Cadre : 16/9 Format son : Stéréo

BIOGRAPHIE - ALEXANDRE GILMET

FRANÇAIS Alexandre Gilmet, réalisateur du film, est né à Liège en Belgique en 1991. En 2009, il part un an aux Etats-Unis comme étudiant d'échange et réalise un petit film « The Drum set » qui remporta plusieurs prix dans de nombreux festivals lycéens à travers tout le continent américain. En 2010, il entre à l'INSAS (Bruxelles) en Réalisation. Il profite alors des différents projets qui lui sont proposés pour réaliser plusieurs court-métrages dont « In Nomine Matris » en 2013 et « Tata » en 2014 qui fut par la suite sélectionné dans une quinzaine de festivals internationaux dont le Fiff de Namur, le FIDE, Sehsuchte, et le VGIK de Moscou où il remporta le 2e prix du jury. En 2015, Alexandre réalise son film de fin d'études « Poubelle » qui démarre sa tournée de festivals avec la prestigieuse sélection Cinéfondation du Festival de Cannes. ANGLAIS The director of the film, Alexandre Gilmet, was born in Liège (Belgium) in 1991. In 2009, he stayed for one year in the USA as an exchange student. There he made a short film « The Drum Set » which won several awards in many highschool festivals across the country. In 2010, Alexandre is accepted at INSAS, the prestigious filmschool in Belgium. During his studies he made many short films both fiction and documentary such as « In Nomine Matris » in 2013 and « Tata » in 2014. « Tata » has been selected in more than 15 festivals around the world such as Fiff de Namur, FIDE, Sehsuchte and Moscow VGIK where it received the 2nd jury prize. In 2015, he completed his graduation film « Trash » which was later selected at the renowned Cinéfondation Selection at Cannes festival.

TRASH
TRASH
TRASH
TRASH
TRASH
TRASH

Interview : Alexandre Gilmet

On 11/05/2016 by Nicolas Gilson

Parmi les 2.300 films proposés pour la 19e édition de la Sélection Cinéfondation 18 titres ont été retenus dont un belge, POUBELLE d’Alexandre Gilmet. Réalisé dans le cadre de ses études à l’INSAS (Institut Supérieur des Arts), celui-ci met en scène un éboueur en colère qui juge une personne en chaise roulante responsable d’avoir blessé son collègue avec des poubelles remplies de déchets tranchants. Flirtant avec le film de genre, cette comédie noire trouve dans la version internationale de son titre, TRASH, un qualificatif digne d’intérêt. Rencontre.

POUBELLE est sélectionné dans la section la Cinéfondation. Quand et comment avez-vous appris cette sélection ? - J’ai été prévenu il y a un bon moment déjà, fin janvier. J’ai reçu un mail du Festival de Cannes me demandant si POUBELLE n’avait pas encore été projeté dans un autre festival et j’ai reçu un appel de la programmatrice qui m’a dit qu’elle avait énormément apprécié le film. Elle a fait joué le suspens en me disant ce qu’elle aimait dans le film et en me posant des questions, sans me dire que j’étais sélectionné. Après elle m’a dit qu’elle avait décidé de prendre le film. Je suis tomber des nues. Durant plus de deux mois je ne pouvais pas le dire, ce qui était bizarre. J’ai spécifiquement attendu l’annonce de la sélection avant de soumettre le film dans d’autres festivals. C’est assez marrant à vivre parce que les gens me demandaient pourquoi je n’envoyais pas le film en festivals ou me disaient quoi faire, et je ne pouvais rien dire.

Quelles sont tes attentes suite à cette sélection ? - Quand je vois déjà les gens que j’ai eu l’occasion de rencontrer juste au Short Film Corner avec TATA l’an dernier, j’ai l’impression qu’il sera assez facile de nouer des contacts. J’attends de rencontrer un maximum de personnes pour essayer d’avoir un maximum d’opportunités. C’est vraiment le but aussi d’un festival comme celui-là. C’est bien d’être projeté, mais je ne crois pas qu’énormément de personnes vont voir le film. Je ne pense pas que la projection soit un enjeu. Je vais pouvoir rencontrer des gens qui ne m’auraient pas écouté sans cette sélection à la Cinéfondation.

Le Jury de la Cinéfondation est présidé par Naomi Kawase, est-ce que son cinéma vous parle ? - Je suis très ouvert à toutes les formes de cinéma. Je trouve celui de Naomi Kawase très intéressant, sauf que ce n’est pas le genre de cinéma que je ferais ou que j’ai eu l’occasion de faire. Je ne pense pas du tout que POUBELLE soit le genre de cinéma qui l’intéresse. C’est une très grande réalisatrice, mais concrètement je ne pense pas que ce Jury sera favorable à mon film. Je ne m’attends vraiment pas à un prix. Ce n’est pas le but. L’idée, c’est de faire des contacts.

POUBELLE est très différent de TATA, également réalisé dans le cadre de vos études. Pourquoi avoir choisi de faire un type de film plutôt très narratif comme travail de fin d’études ? - Une chose qui est très chouette à l’INSAS, c’est qu’on ne nous enferme jamais dans une case. On a la liberté de partir dans toutes les directions que ce soit le documentaire, la fiction ou mélanger la fiction et la réalité comme je l’ai fait dans TATA. Pourquoi se priver de cette possibilité ? Tous les projets que j’ai pu faire sont très différents. Pour TATA, je suis parti six semaines en Pologne sans idée de projet et je devais revenir avec des rushes documentaires. Dans le cas de POUBELLE, j’ai eu un ans ou disons six mois pour travailler dessus.

Qu’est-ce qui a motivé le choix du sujet de POUBELLE ? - Il y a deux ans, pendant deux mois, j’ai travaillé comme éboueur. Je voulais absolument raconter une histoire qui se passe dans ce milieu, sans savoir laquelle. Mon point de départ, c’est que, comme une tournée d’éboueurs est un travail éreintant, on est très vite à fleur de peau. Et dans ce milieu populaire que je connais assez bien il y a cette haine constante du bourgeois, du mec qui a l’argent. Il y a un sentiment d’injustice. L’idée était de confronter un éboueur et un mec hyper riche, d’avoir un duel et que l’éboueur force le riche à faire la tournée avec lui. Comme je trouvais que tout le monde allait se ranger du côté de l’éboueur, j’ai biaisé les cartes en mettant le riche en chaise roulante. Son handicap fait qu’on ne sait plus très bien pour qui tenir. L’idée est que les deux sont des connards et font des choses amorales. On est dans un combat permanent où il est impossible de prendre parti. Peu importe la forme utilisée, c’est un truc qui m’intéresse. Dans TATA je jouais avec le spectateur en semant le doute sur ce qui était ou non réel. Ici, je joue avec la morale du spectateur.

On quitte toutefois le réalisme, le curseur est un peu élevé vers une forme de caricature, si bien que le film flirte avec la comédie et avec le film de genre. Pourquoi ce choix ? - Je n’avais pas encore eu l’occasion de faire une comédie alors que c’est un truc que j’avais envie de faire. Le film n’est pas une comédie mais j’avais la possibilité de faire une comédie noire. Pour moi, pour qu’il y ait comédie on est obligé de passer par une légère caricature. POUBELLE n’est pas à ce niveau-là, mais une grosse référence pour moi, c’est FARGO des frères Coen. Les personnages sont caricaturaux tout en étant réalistes dans l’environnement dans lequel on les présente. C’est un cinéma qui m’intéresse, et j’avais envie d’essayer ça.

De quel budget avez-vous disposé ? - Au total, on avait 12.000 euros ce qui est vraiment bien dans la mesure où toute l’équipe est gratuite et qu’on a déjà du matériel à l’INSAS. Je suis obligé de préciser que c’est bien parce que j’entends tellement de personnes de l’INSAS et de L’IAD dire qu’il n’y a pas assez d’argent. On est dans des conditions géniales. C’est vrai que toute l’équipe technique est composée d’étudiants, mais nous aussi.

Longtemps étiquetée école du réalisme, l’INSAS est de plus en plus ouverte à la fiction. Il y a quelques années un projet comme POUBELLE ne serait sans doute jamais passé. - Le film est passé à une voix de ne pas se faire. Apparemment, les débats de l’Atelier (ndlr atelier de production qui décide du financement du film) ont été très chauds. Mais je suis assez d’accord et c’est super positif. L’INSAS est de plus en plus ouvert, en tout cas en ce qui concerne les films de fin d’études. Il faut laisser la place à plusieurs sortes de cinéma. Jaco Van Dormael a fait l’INSAS alors que son cinéma ne colle en rien aux théories apriori dites de l’école. Le contact avec le réel à totalement disparu, je ne sais pas s’il aimerait qu’on dise ça mais c’est ce que je trouve intéressant.

Comment vit-on « l’après INSAS » ? - Pour être franc, je ne suis pas encore diplômé, je dois encore rendre mon mémoire. J’aimerais bien avoir mon diplome même si ça ne change rien pour le cinéma, mais on ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie et ça compte comme un master ce qui ets bon à prendre. Maintenant, je considère que j’ai fini l’INSAS et je pense que l’après dépend vraiment de chacun. Jusqu’à présent je n’avais pas de sélection en festivals, ce qui est complimé, mais mon film TATA a pas mal circulé. Il était au Short Film Corner à Cannes l’an dernier grâce à quoi j’ai rencontré des producteurs polonais et je travaille sur un projet en Pologne. J’ai de la chance, et depuis l’annonce de la sélection j’ai pas mal de coups de fil de la part de boîtes de production. Je ne m’y attendais pas. Je ne pense pas que ça va durer, j’en profite.